Interview de Pascal, ça fâche !!!
Petit entretien de Pascal Saffache, le président de l'UAG, accordé à France Antilles... Une mise au point s'impose.
Comment va se dérouler la reprise des cours à l'UAG ?On s'est tous mis d'accord pour que les cours reprennent entre le 5 et le 9 mars. Les dates ont aussi été choisies en fonction de la date de fin de l'année universitaire. En Staps, par exemple, s'ils reprennent le 9 mars, ils sont sûrs de terminer leurs examens le 9 juillet. En revanche, les facultés de sciences et de sciences juridiques et économiques sont sûres de terminer leurs examens entre le 20 et le 30 juillet. C'est l'élément qu'il va être difficile de faire comprendre aux collègues. L'année universitaire ne se terminera pas officiellement le 12 juillet comme d'habitude. Tout va être décalé. Allez-vous toucher aux vacances de Pâques ?D'habitude nous avons douze jours. Nous n'allons en conserver que quatre : du vendredi saint au lundi de pâques. Le lundi de Pentecôte sera un jour travaillé et nous demandons à ce que la mi-carême le soit également. Une manière de récupérer une dizaine de jours. Peut-on craindre des complications au niveau des inscriptions hors UAG ?Le doyen des sciences juridiques et économiques, puisqu'il fait partie de la conférence des doyens de sa discipline, fera passer le mot à ses collègues à Paris pour que nos étudiants ne soient pas pénalisés. Personnellement, je me suis également engagé vis-à-vis des étudiants. A chaque fois que l'un d'entre eux viendra m'interpeller, je lui remettrai un courrier précisant les raisons du retard. Je ferai également passer le mot à la CPU (Conférence des présidents d'universités) à Paris. Faut-il craindre du retard au niveau des chantiers sur le campus ?C'est évident. La livraison des bâtiments de recherche et de TP, prévue pour septembre-octobre, sera repoussée en décembre-janvier. Mais cela va poser quelques problèmes logistiques car nous comptions sur des salles supplémentaires, notamment pour l'ouverture de la troisième médecine. A-t-on pu constater un effet « débrouille » durant la grève comme dans les premier et second degrés ?Nous avons demandé à tous les enseignants de mettre en ligne leurs cours. Sur le site internet de l'UAG, nous avons une plate-forme moodle. Une centaine d'enseignants ont joué le jeu. Cela correspond grossièrement à 50%. A heure actuelle, ce qui est prévu en terme de rattrapage, c'est une forme de soutien. On demande aux enseignants de travailler, s'ils le veulent, les mercredis et samedis après-midi de façon à récupérer les heures de TD ou de cours perdues. Craignez-vous un prolongement de la grève de l'université ?Il n'y aura pas de blocage. Les enseignants vont faire de la rétention de notes. Ils ne souhaitent pas empêcher les cours et les examens de se tenir. Sorte de grève du zèle, ne pas remettre les notes à temps, etc. Ils ont bien conscience que les étudiants sont en attente de cours et d'examens. On sort d'un conflit de six semaines. Que pensez-vous de la loi Pécresse ?Sur le fond, je rejoins mes collègues, mais pas sur la forme. Je n'ai jamais été partisan d'un blocage. Car ce sont les étudiants qui en font les frais. Néanmoins, il faut reconnaître que, sur certains aspects, la loi Pécresse peut être intéressante. Par exemple l'évaluation des étudiants-chercheurs est une nécessité. En revanche, les modalités qui sont proposées ne sont absolument pas adaptées. Quant à la privatisation. Nous n'avons rien à craindre dans nos régions. Il n'y pas d'entreprises qui puisse nt se substituer à l'Etat pour faire fonctionner l'université. Il y a quelques grands groupes, comme Bernard Hayot, qui peuvent éventuellement injecter quelques fonds, mais privatiser l'UAG... C'est un doux rêve. Avant votre élection, on entendait parler d'un pôle unique pour l'UAG...Les craintes ont été levées avec mon élection. J'ai fait campagne sur la tripolarité et sur le fait que nous ayions bien trois entités distinctes. L'objectif est de créer un Pres, un Pôle de recherche d'enseignement supérieur, dans le but de redynamiser la recherche et l'enseignement à l'UAG. Un Pres est une structure qui englobe une université et des partenaires. Cela peut être le CNRS, le Cirad, etc. Des partenaires issus des grands centres de recherche de l'Etat, mais aussi des partenaires étrangers comme les universités des West Indies ou celle d'Ottawa au Canada. Que pensez-vous du combat du LKP ?Je ne suis pas pour le mouvement, mais pour la baisse des prix. Rien ne justifie de tels tarifs, il y a des intermédiaires qui se font des marges énormes. Sur le fond, on ne peut qu'être d'accord. Sur la forme, pas forcément. Mais des tensions sont à prévoir dans les mois à venir car le problème n'est que partiellement réglé. Dans ce contexte électrique, pourquoi avoir réintégré dans le conseil d'administration de l'UAG les représentants du Medef et du groupe Hayot ?Mon prédécesseur les avait déjà intégrés, donc leur refuser l'entrée n'est pas très élégante. Et puis, en dépit des sentiments qu'on pourrait avoir suite à tout ce qui s'est dit dernièrement, nous avons besoin de ces personnes afin d'obtenir des débouchés pour nos étudiants. On n'a pas le droit d'obérer comme ça l'avenir de nos étudiants. Ce n'est pas parce qu'il y a des tensions qu'il faut les stigmatiser. J'ai toujours été contre les situations extrémistes. Avec cette grève, vous n'avez guère pu vous exprimer. Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?Redonner à notre université une coloration, c'est-à-dire une spécificité. L'UAG a fonctionné pendant longtemps comme une université généraliste. Notre objectif est de tenter de replacer l'UAG dans son bassin naturel. Il nous faut insister sur les champs qui pourraient être les nôtres en priorité : l'insularité, les mondes tropicaux et tout ce qui découle de ces aspects. Qu'il s'agisse d'histoire, de géographie, de sciences politiques ou de biologie. Le ministère m'a d'ailleurs demandé de réécrire le contrat d'établissement établi par mon prédécesseur. Il n'est pas bon car trop vague. Tout au long de ma mandature, une place particulière sera évidemment faite aux étudiants avec des projets précis comme la création d'une maison des étudiants, d'un journal, etc.
Le nouveau président ne surprend pas vraiment son monde. Le ton "je contrôle la situation" est du rigueur, et malgré les retards déjà présents sur le calendrier, il évite de faire trop de cas de ceux que les six semaines de mobilisation ont engendré et ajouté à une liste d'échéances sur-gonflée. Les moyens de notre université et particulièrement ceux de notre petite structure du DPLSH de Saint-Claude ne permettent pas de réaliser ces échéances en temps et en heure, et le président le sait très bien. Mais il faut être rassurant, montrer qu'on ne se laisse pas impressionner par le rouleau compresseur qu'est devenu la motivation des enseignants-chercheurs.


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