Le point de vue de raphael
En parcourant les commentaires sur les articles en ligne de certains grands journaux, je suis tombé sur celui d'un certain raphael, à propos des manifestations des enseignants-chercheurs. Je vous le met là, parce que j'ai trouvé qu'il expliquait bien les trois gros points de la réforme :
Pour résumer très rapidement, toutes ces personnes râlent sur:
1) la masterisation des concours de recrutement des enseignants.
Comme le dit "fan", la formation ne sera pas plus longue. D'autre part, les enseignants seront moins qualifiés dans la discipline qu'ils enseigneront puisque ce master contiendra de nombreux cours d'"hygiène et sécurité" ou de "comment se situer dans la cité?". Je ne dis pas que ces cours ne sont pas bien. J'affirme qu'ils ne doivent pas empêcher la formation principale: celle de l'enseignant dans SA discipline. Par exemple, un professeur de langue vivante n'aura plus d'épreuve orale avant d'être prof'!! Qu'allons-nous apprendre à nos enfants? A faire des présentations powerpoint sur du vent?
2) le statut des enseignants-chercheurs.
La majorité des enseignants-chercheurs est pour des changements d'organisation de l'université française. Ce qui gêne dans la réforme actuel est principalement le fait que l'enseignement est considéré comme une punition pour les "mauvais" chercheurs. Autrement dit, les chercheurs qui travaillent à l'université dont la première mission est l'éducation et dont la recherche est jugée insuffisante (le critère est très très très discutable mais je ne rentre pas dans le détail) devra faire plus d'heures d'enseignements. Je vous laisse imaginer la motivation du chercheur pour aller faire son cours pendant son heure de "colle"!!!
3) le démantèlement du CNRS.
Les chiffres annoncés et même revendiqués par notre président de la République sont complètement erronés!!! Le CNRS est un des meilleurs organismes de recherche au monde. L'intérêt principal du CNRS est d'équilibrer le financement des différents domaines de la recherche française. Certes, créer des agences de moyens (une pour chaque discipline) serait plus facile à piloter pour les politique.... il suffirait de diminuer lentement le financement de l'agence (sciences humaines) pour voir disparaître les disciplines qui paraissent inutiles et dont les résultats ne sont pas "brevetables" (langues vivantes, histoire, géographie, etc.). En effet, on aimerait que les chercheurs soient à 100% de leur temps des "trouveurs" et des "breveteurs" mais on ne commande pas la recherche ou plus précisément, on ne commande pas l'impact de la recherche que l'on mène. La recherche appiquée se nourrit exclusivement de la recherche fondamentale et celle-ci est basée sur notre réalité!! Autrement dit, le serpent se mord la queue et les deux "types" de recherche sont indispensables! Juste un exemple: M. Herschell faisait une étude très théorique sur la lumière du Soleil quand par hasard, il a posé un thermomètre sur sa table....... il a alors découvert le rayonnement infrarouge. Bien entendu, il n'avait aucune idée de ce qu'il venait de découvrir et il ne risquait pas de deviner les applications pratiques de cette découverte (il est mort bien avant!!!): les télécommandes infrarouge que vous utilisez en permanence (télécommande de parking, télécommande de télé, chaîne hifi, manette de console de jeux, etc). Sans une étude fondamentale "libre", nous serions obliger de descendre de notre voiture pour ouvrir la porte du garage. Je caricature à peine et un raisonnement équivalent peut être tenu sur des recherches de sciences humaines.
Je m'arrête là mais j'aimerais insister sur un point important: les enseignants-chercheurs ne râlent PAS UNIQUEMENT contre la remise en question de leur statut!!!! Certes, certains ne cherchent qu'à défendre leur petit coin de jardin de fonctionnaire mais la majorité a peur pour le futur de l'éducation de nos enfants et pour la recherche française qu'elle soit fondamentale ou appliquée.
Ainsi que l'article auquel il est rattaché :
La mobilisation des chercheurs fait tache d'huile
Décidément le gouvernement ne parvient pas à calmer le jeu avec les universitaires, désormais soutenus par les étudiants et bientôt peut-être par les enseignants du primaire et du secondaire.
Lire la suite...
De plus, il m'a paru important de partager avec vous une interview de divers protagonistes ainsi que le point de vue du Nouvel Obs.
Je ne vois que très peu d'étudiants se manifester sur leur avenir. Certains préfèrent sans doute manifester "contre la vie chère". J'espère que si ce n'est pas non plus le cas, c'est au moins qu'ils sont à potasser leurs ouvrages de référence...


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